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Pourquoi l'héritage de Margaret Hamilton peut sauver vos projets informatiques
La pionnière du génie logiciel Margaret Hamilton s'est éteinte à l'âge de 90 ans.Si l'histoire retient surtout qu'elle a sauvé l'atterrissage de la mission Apollo 11 en 1969, son véritable héritage pose une question redoutable à tous les directeurs des systèmes d'information d'aujourd'hui, celle de l'explosion de la dette technique.Un simple travail d'exécution que l'on confiait aux femmesDans l'Amérique des années 60, les budgets colossaux consacrés à la conquête spatiale étaient étaient grandement réservés au matériel.Le code informatique était alors perçu comme une banale tâche d'intendance, un simple travail d'exécution que l'on confiait donc aux femmes.Et c'est Margaret Hamilton qui a fracassé ce préjugé en prouvant que le logiciel est le cerveau de toute l'infrastructure matérielle. Et surtout un cerveau particulièrement résilient.Car à trois minutes de l'alunissage d'Apollo 11, face à un radar défectueux qui saturait l'ordinateur de bord, c'est son programme informatique qui est parvenu à prioriser les calculs critiques pour éviter un crash certain.Pour les responsables informatiques d'aujourd'hui, la leçon de cet incident est que considérer le logiciel comme une simple surcouche opérationnelle est une erreur monumentale. C'est en effet le logiciel qui garantit la survie de votre activité face aux inévitables pannes du monde physique.Une nouvelle approche de la programmationMais au delà de cette bonne leçon, voici la vision encore plus stratégique que l'on trouve dans dans la méthode qu'elle a théorisée en 1969.Forte de ses sueurs froides à la Nasa, l'ingénieure a ensuite développé une toute nouvelle approche de la programmation.L'idée est que plutôt que de lancer des applications imparfaites et de s'épuiser à en corriger les failles en cours de route, il faut bâtir une architecture originelle si rigoureuse que le bug devient une anomalie rarissime.En clair, elle a inventé la fiabilité par conception, une méthode qui refuse de considérer l'erreur comme une fatalité inhérente au cycle de développement.Une dérive qui se paie au prix fort au quotidienCependant, il faut reconnaître que cette rigueur de conception a été progressivement contournée par une grande partie de l'industrie technologique. Et ce bien souvent au profit d'un modèle économique qui monétise allègrement la maintenance et les correctifs.Et les dirigeants de la tech savent bien que cette dérive se paie au prix fort au quotidien.Tolérer un code fragile pour accélérer la sortie d'un produit génère une dette technique monstrueuse qui engloutit ensuite vos budgets d'innovation.Le message de cette pionnière agit donc comme un rappel à l'ordre. Investir les ressources nécessaires dans une architecture logicielle irréprochable dès le premier jour n'est pas une coquetterie d'ingénieur. C'est la seule stratégie viable pour protéger à termes ses marges et cesser de financer des pansements numériques à l'infini.Le ZD Tech est sur toutes les plateformes de podcast ! Abonnez-vous !Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.