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Privé de Gmail, de Netflix et de carte bancaire, le témoignage choc du juge Nicolas Guillou sur notre dépendance aux États-Unis
Aujourd'hui, nous plongeons dans un récit qui ressemble à un scénario de science-fiction, mais qui est pourtant la réalité quotidienne brutale d'un haut magistrat français.Le juge de la Cour pénale internationale, Nicolas Guillou, a témoigné devant l'Assemblée nationale de son quotidien sous sanctions américaines. Un témoignage qui pourrait pour nombre d'entre nous agir comme un électrochoc sur nos dépendances numériques et bancaires.Onde de chocD'abord, il faut comprendre l'onde de choc systémique provoquée par une simple inscription sur une liste du Trésor américain.Pour avoir validé un mandat d'arrêt international, ce juge s'est retrouvé banni des services numériques américains sur la demande des autorités.Concrètement, cela signifie une mort numérique et sociale immédiate. Privé de Gmail, de Microsoft, d'Apple et même de Netflix, le magistrat décrit un retour soudain au Moyen Âge.Et ce n'est pas seulement une affaire de confort personnel. C'est la démonstration que nos identités numériques professionnelles et privées reposent sur des infrastructures dont nous ne maîtrisons pas les vannes.La question du paiementEt par ailleurs, le cas des paiements dématérialisés révèle une faille de souveraineté majeure au cœur de nos portefeuilles.Bien que la France possède son propre réseau, le réseau CB, le juge Guillou a découvert qu'il était impossible d'utiliser sa carte bancaire française. Pourquoi ? Parce que la quasi-totalité de nos cartes sont co-badgées avec Visa ou Mastercard.Oui, les banques françaises ne savent plus délivrer de cartes purement nationales. Et donc dès que l'oncle Sam s'oppose à une transaction, le maillon américain de la chaîne bloque tout, même pour des achats effectués en France.Bref, à date, notre autonomie financière hexagonale est une illusion technique tant que les rails de paiement restent exclusivement transatlantiques.Sur-conformité volontaireEnfin, et c'est peut-être le point le plus inquiétant pour les entreprises, le juge pointe du doigt le phénomène de la sur-conformité volontaire.Des acteurs français, comme l'assureur Axa par exemple, ont cessé de rembourser ses frais de santé sans y être légalement contraints par le droit européen.Pourquoi ? Parce que ces entreprises s'alignent par anticipation sur les sanctions américaines pour ne prendre aucun risque avec le marché américain.C'est une forme de vassalisation numérique et économique où la peur des sanctions pousse nos propres fleurons à abandonner leurs clients nationaux.Le ZD Tech est sur toutes les plateformes de podcast ! Abonnez-vous !Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.